Quinze janvier,
Le vent s’est l’vé,
Volant quelques bonbecs,
D’Isigny à Pont l’Evêque,
La girouette a pointé,
Le bout d’son bec,
Vers l’Ouest en partance,
Cherchez pas dans l’Ouest France,
Elle n’aime pas faire la Une,
Mais préfère l’ombre d’ses dunes.
Cette Terre, ma Terre,
D’appartenir je suis si fière,
Certains disent que c’est “presqu’ l’Angleterre”,
Les faire taire ?
À quoi bon ..
Puisque nous, savons.
Ici pas de volière,
Liberté maître mot,
Quelques moulières,
Bichonnées en Bouchots.
Plages de renom ?
On s’en fout,
À notre ami le Couesnon,
On donne bien l’boujou.
Quelle folie cette merveille,
Si jolie et nulle pareille,
De l’archange à l’abbaye,
Ici nul n’obéit,
Pas même la mère Poulard,
Au grand regret du père Fouettard.
Les vaches sont dans le sable,
Les pré salés à l’étable,
Mais qu’importe ce merdier,
Ici la reine, c’est la marée.
Heu là ! Ati té ?
Y r’prendra bien une tit’ goutte ?
Au nez, si fromage,
Au café, aucun doute !
Un anneau au mouillage,
L’estran et la houle,
Un sabot dans le bocage,
Conquérant qu’a d’la goule.
Souvenirs d’enfance,
Ces hommes et bêtises,
Souvenirs de connivence,
De pommes gourmandises,
Qui ennormandisent.
Terre d’ancêtres,
Yeux rivés sur le baromètre,
Terre de famille et d’amis,
Je te quitte aujourd’hui,
À jamais le cœur scellé,
Dans les méandres de tes marais.
Moi, la p’tit’ bellouine,
Ancrées sont mes racines,
Où plusieurs fois il fait beau,
Ton sang coule dans mes veines,
Ce n’est qu’un À tantôt,
Ô ma Normandie comme je t’aime.

Céline Lebaudy, 15 janvier 2014.

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