– SI J’AVAIS SU –

Seize mars de l’an deux mille vingt

Huit heures moins le quart

Regard vissé à la télévision

Françaises, Français, chers compatriotes

Aux armes citoyens, levez votre étendard

C’est maintenant le temps de la riposte

Consternation, désillusion, on nous annonce une invasion,

Si j’avais su,

Si j’avais su que le con fait fi là où personne ne ment

Que nous serions grondés par un virus

Qui nous mènera la vie-rus-tique

Au cœur des montagnes russes

Un brin électrique,

Alors, nous voici enfermés, repliés dans nos bulles

Loin de nos familles quand nous voulons être ensemble

Nous voici, humbles, dans cet espace funambule

Quand nous rêvons ces heures que l’on assemble

On doit saluer le changement avec réflexion

Protéger l’essentiel, en pleine conscience

Enrichir nos valeurs avec méditation

Garder le lien malgré la distancia,

Si j’avais su,

Si j’avais su que le mort fait fi là où personne ne voit l’âge

Que nous serions tous tenus au respect

Des gestes de solidarité

Et d’actes circonspects

Relax, libère-té,

À l’or, nous voici, seuls, à revoir notre géographie de l’intime

Cherchant les fragments d’hier

Dans nos tiroirs verbatim

L’écho de fous-rires aux notes quincaillères

Lancés du dernier étage

Absorbés par le son du piano

Comme un ultime partage

Chi va sano

Si j’avais vu,

Si j’avais vu que le pro fait fi là où chacun boit le thé

Que le soleil dore

Que le silence dort

Que le sens commun s’endort

Et qu’en ces temps d’or

Le cœur envers et contre raz

Livrerait à la chrysalide ara

Ses plus belles retrouvailles

Serenidad

Merci Dad.

Céline Lebaudy, mai 2020

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